Ontologie du métabolisme territorial

De Metabolisme territorial
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L'analyse ontologique du métabolisme territorial

La mise au point d'une ontologie (voir chapitre 1.2.1) du métabolisme territorial va nous permettre de définir une structure pour les données qui en permettent l'étude. La notion de métabolisme est en effet trop abstraite pour être exploitable en tant que telle et il faut pouvoir la formaliser pour la rendre opérationnelle dans un système d'information. L'ontologie présentée dans ces travaux est le fruit d'une réflexion itérative : la proposition a été réfléchie, formulée, testée et affinée au fur et à mesure. La conception d'un prototype logiciel a été d'une grande aide pour s'assurer de la faisabilité opérationnelle de notre proposition.

Une première étape dans la définition de l'ontologie consiste à identifier les concepts sous-jacents, clairs et concrets qui sont mobilisés à travers la notion général. Pour identifier ces concepts, nous partons d'une définition que l'on retrouve assez largement dans la littérature scientifique : Le métabolisme territorial est l’ensemble des processus techniques et socio-économiques par lesquels les territoires mobilisent, consomment et transforment la matière et l’énergie (Kennedy et al. 2007 ; Barles 2008). Bien que certains termes soient déjà plus concrets ("territoires", "matière", "énergie"), la notion de "processus techniques et socio-économiques" mérite plus de clarification. Ces processus sont ainsi les échanges (pas forcément matériels, ils peuvent être lié à un service) et les manipulations des acteurs du territoire qui se manifestent sous la forme de flux (physiques, financiers ou d'information) ou de stocks (Erkman 2004).

Cette première analyse met ainsi en exergue onze concepts : Territoire, Mobilisation, Consommation, Transformation, Matière, Energie, Échanges, Manipulation, Acteurs, Flux, Stocks. Les notions de "Mobilisation" et de "Manipulation" peuvent être considérée comme redondantes avec celles de "Consommation" et de "Transformation", aussi nous les écartons. La notion de consommation est rattachée à celle de flux, la consommation d'un produit se confondant en effet avec un flux entrant. Les échanges sont également confondus avec des flux. Enfin, la matière et l'énergie sont regroupés et associés avec les concepts supplémentaires d'objets et de service sous le terme de "Produit". Un produit peut ainsi désigner tout ce qui peut faire l'échange entre deux acteurs, sans se limiter à la seule considération matérielle.

Finalement, après regroupement, six concepts ressortent comme étant fondamentaux pour donner du sens à la notion de métabolisme territorial : Flux, Stock, Produit, Transformation, Acteur, Territoire. Nous allons poursuivre la définition de l'ontologie en identifiant pour chacun de ces concepts leurs attributs et les relations qu'ils entretiennent avec les autres concepts. Ces propriétés sont synthétisées dans l'annexe : Ontologie et modèle de données du SINAMET.

Territoire

Généralités

Un territoire est un concept aux contours flous et mouvants, qui recouvre différentes approches selon les disciplines (https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-2011-2-page-23.htm). Il peut notamment faire référence à plusieurs dimensions (Laganier et al. 2002) : matérielle (les caractéristiques géo et biophysiques et l’aménagement de l’espace par les infrastructures), organisationnelle (les acteurs sociaux et institutionnels eux mêmes caractérisés par leurs rapports relationnels), et identitaire (l’identité du territoire, à la fois objective -limites, histoire, patrimoine culturel- et subjective dans la représentation que s’en font les acteurs). Ces trois aspects du territoire sont dynamiques et évoluent avec le temps, les territoires pouvant même disparaître ou apparaître (https://journals.openedition.org/netcom/2104#tocto2n4).

Dans l'analyse du métabolisme, la notion de territoire est nécessairement mobilisée pour trois raisons. Il faut tout d'abord pouvoir 1 - interpréter des données statistiques déclinées selon un découpage administratif. Ce découpage établi des limites géographiques légalement objectives (mais parfois contestées) qui permettent de 2 - spatialiser l'information. Enfin il est possible d'identifier les acteurs qui évoluent dans un territoire donnée. Cela va ainsi permettre de 3 - sélectionner et contextualiser l'information pour la rapprocher de l'environnement parfois très local de ces acteurs.

Pour rendre explicite le territoire au sein de notre système d'information, nous le définissons simplement comme une aire géographique (une partie de la surface terrestre) communément désignée par les utilisateurs manipulant les mêmes informations. Tant que l'on ne cherche pas à cartographier l'information (et on ne cherche pas systématiquement à le faire), il n'est pas nécessaire de connaître précisément les limites de ces aires. L'image cognitive renvoyée par le nom d'un territoire (image qui résulte d'une construction sociale) est généralement suffisante pour identifier ce territoire et s'en donner une idée spatiale. Cette définition permet de conceptualiser des territoires arbitraires ; il est toutefois plus simple et utile de faire référence à des territoires largement reconnus, notamment les territoires formés par le découpage administratif : Pays, régions, villes, ... jusqu'à la parcelle cadastrale qui constituera la plus petite aire géographique considérée. En deçà, il est encore possible de diviser une parcelle en différents territoires plus petits, mais c'est une approche un peu singulière qui rompt avec la définition initiale puisque ces "territoires" peuvent se juxtaposer en hauteur sur une même aire géographique, en particulier lorsque plusieurs acteurs partagent un même bâtiment.

A cette notion de territoire, il convient de définir les propriétés (attributs ou relations) qui y sont associées. Pour cela, nous nous inspirons très fortement des travaux de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Food and Agriculture Organization of the United Nations - FAO) qui a proposé une "ontologie géopolitique" des territoires

Ontologie de la FAO

La FAO a déjà travaillé sur la collecte d'information sur les territoires. Cela a abouti en 2002 à la création d'un portail "Profils de pays de la FAO" [1] qui rassemble différentes statistiques nationales dans les domaines de l'agriculture et du développement. Afin de mieux structurer toute ces données, la FAO a travaillé sur une "ontologie géopolitique", publiée en 2008 et qui défini les informations clefs d'un territoire[2] afin faciliter l’échange et le partage de données de manière standardisée entre les systèmes de gestion d’informations (Caracciolo et al. 2006). Cette ontologie a été formalisée en OWL, afin de structurer les données et les rendre interopérables à travers le web de données. Elle constitue ainsi une ontologie de référence mondialement reconnue (Kim et al. 2013).

Cette ontologie distingue deux classes d'objets : les territoires et le groupes de territoires. Les territoires correspondent aux pays et nations membres de la FAO, qu'ils soient autonomes, contestés ou non. Les groupes correspondent à des ensembles géographiques, économiques ou organisationnels.

Ensuite, l'ontologie précise les attributs que peuvent avoir les territoires. La première catégorie sont les codes de références qui permettent d'identifier des territoires de manière unique. Il en existe une multitude qui peuvent être utilisés. La FAO mentionne les codes utilisés dans les institutions internationales : UN M.49, ISO-3166 Alpha-2 et Alpha-3, code PNUD, code GAUL, FAOSTAT, AGROVOC et FAOTERM, ainsi que l'identifiant DBPedia (pour la connexion au web de données). Il existe d'autres identifiants, comme le code Insee en France[3], le NUTS utilisé dans l'Union européenne ou le FIPS aux Etats-Unis. Différents services (publics, communs ou privés) attribuent également leurs propres identifiants à des territoires, comme OpenStreetMap, GeoNames, Wikidata, des bibliothèques nationales, Facebook, Michelin Voyages, Encyclopædia Britannica Online ...

Si les codes sont des attributs pratiques pour permettre l'identification non ambigüe d'un territoire, les échanges humains font plutôt recours au nom du territoire. Toutefois, l'usage d'un nom pour identifier de manière unique un territoire est moins robuste. D'une part, la diversité linguistique pose problème puisque les territoires n'ont pas les mêmes noms dans les différentes langues (sans compter les problèmes générés par les caractères accentués ou non-latin). Ensuite il est fréquent d'avoir plusieurs territoires homonymes, notamment pour les villes (par exemple Sidney au Canada, Brest en Biélorussie), ou les EPCI (il y a en France deux "Communauté de Communes des Quatre Rivières", et avant 2018, il y avait encore plus d'homonymes - notamment trois "Communauté de Communes des Trois Rivières"). Enfin, un territoire peut posséder un nom court et un nom officiel dans une même langue ("Russie" ou "Fédération de Russie").

La FAO intègre également comme attributs des territoires leurs coordonnées géographiques (latitude maximale, latitude minimale, longitude maximale, longitude minimale), des données statistiques de base (superficie du pays, superficie des terres, terrains agricoles, population et PIB), ainsi que les informations sur les noms et codes de leur devises et les adjectifs de la nationalité. Les territoires sont aussi repérés temporellement avec leur période d'existence.

Enfin, l'ontologie de la FAO présente aussi trois types de relations entre territoires : l'appartenance d'un territoire à un groupe de territoires, les territoires frontaliers et la succession historique d'un territoire à un autre (comme la Russie qui succède à l'URSS)

Adaptation

Nous reprenons l'essentiel des propriétés de l’ontologie proposée par la FAO. Néanmoins, dans notre contexte, il nous paraît nécessaire d'adapter quelques éléments.

D'une part, nous ne dissocions pas les territoires des groupes de territoires. De notre point de vue, un groupe de territoire est lui-même un territoire. Cette approche nous permet de décrire le monde par une hiérarchie de territoires en évitant les problèmes sémantiques liés au regroupement : la France regroupe 18 régions, s'agit-il d'un territoire ou d'un groupe de territoires ? Ainsi, dans notre modèle, la notion de groupe n'existe pas, mais les territoires peuvent s'intégrer dans d'autres territoires plus vastes. Afin d'organiser cette hiérarchistation, nous ajoutons un attribut précisant l'échelle du territoire (ville, département, région, pays, ...).

Dans les attributs, nous proposons également d'ajouter 2 informations géographiques : les coordonnées du centre géographiques, ainsi que les frontières délimitant ce territoire. Nous ajoutons aussi une information temporelle : la période d'existence du territoire.

Synthèse

Nous avons ainsi simplement défini le territoire comme une aire géographique déterminée par des conventions sociales. Ces territoires possèdent des attributs d'identification (codes et noms) dont au moins l'un des deux est nécessairement donné (les codes étant à privilégier pour éviter les ambiguïtés). Les territoires possèdent également des attributs spatiaux (frontières, centre géographique, latitudes et longitudes extrêmes) et un large panel d'attributs de caractérisation (échelle, surface, population, PIB, ...). Les territoires entretiennent également des relations avec d'autres territoires (frontières communes, relation d'inclusion et succession historique)

L'ensemble des propriétés liées aux territoires est récapitulée dans le tableau suivant.

  • Des attributs d'identification : Code (selon différentes conventions) et nom (dans différentes langues)
  • Des attributs de spatialisation : Latitude et longitude min/max, centre géographique, frontières
  • Des attributs de caractérisation : Échelle, période d'existence, surface, population, ...
  • Des relations avec d'autres territoires : Appartenance, frontière commune, succession historique

Acteur

La notion d’acteur est polysémique. Dans le contexte du SINAMET, il s’agit simplement des personnes morales ou physiques présentes sur un territoire. Ces acteurs influent collectivement sur le métabolisme de leur territoire. Le SINAMET donne la possibilité, à la fois de stocker des données sur ces acteurs, mais aussi de les associer aux matières qu'ils manipulent et aux territoires sur lesquels ils agissent. Cette capacité d’association des données permet de diversifier les analyses qui peuvent en découler.

Attributs des acteurs

  • nom
  • code de référence (SIREN, SIRET)
  • autres infos : adresse siège social, ...
  • Gèrent des parties de territoires (surface géographiques, ou empilement)
  • Recoivent ou émettent des flux
  • Disposent de stock

Produit (Objet, matière, énergie ou service)

L'étude du métabolisme territorial vise à mieux connaître la circulation de la matière et de l'énergie. Dans le monde économique, cette matière est l'objet d'échanges entre les acteurs d'un territoire, mais rarement en tant que telle, plutôt en tant qu'objet. On achète rarement du fer brut, mais plutôt des objets (clous, vis, électroménager, ...) constitués de fer. La dualité Objet/Matière et parfois Matière/Énergie nous invite à trouver un terme unificateur pour pouvoir désigner ce qui fait l'objet d'échanges entre les acteurs. Nous introduisons donc la notion de produit qui va nous être utile pour désigner indifféremment des objets, de la matière, de l'énergie, ou des services. Intégrer les services (dans lesquels nous incluons les échanges financiers) dans cette notion globale peut surprendre au premier abord : les services reflètent avant tout des dynamiques sociales et économiques plutôt que matérielles et énergétiques. Toutefois, in fine, ces services ont une influence sur le métabolisme d'un territoire et il semble important de pouvoir inclure cette notion dans notre ontologie. Finalement, un Produit désigne donc le large éventail de concepts qui peut prendre la forme d'un flux physique ou conceptuel entre deux acteurs. Cela inclus du minerai brut, des objets finis, des déchets, de l'électricité, des services rendus, le transport de marchandises, des transactions financières, ...

Faire référence aux Produits dans les études de métabolisme

Dans les données mobilisées dans les études de métabolisme territorial, la référence à un OMES se trouvent généralement dans les listes de flux, par exemple celles issues de la base SitraM. Cette référence peut prendre trois formes :

  • Un intitulé explicite libre
  • Un intitulé (ou code) d'un item défini dans une nomenclature
  • Un intitulé (ou code) interne

Un des enjeux derrière les intitulés est de permettre aux acteurs concernés par ces OMES de se comprendre mutuellement.

L'intitulé explicite libre donne toute l'information disponible sous forme d'une chaîne de caractères. Cette chaîne contient la désignation du produit (pouvant aller de "Ordinateur", "Crème fraîche" à "Divers Bricolage") éventuellement accompagnée de renseignements complémentaires plus ou moins utiles/explicites dans l'analyse matière ("Ordinateur Portable UNTEL", "Crème fraîche 5% MG). Ces intitulés libres sont très utiles aux acteurs du terrain puisqu'il permettent de définir l'intitulé des produits manipulés avec une grande souplesse et aussi finement que nécessaire. Ils sont toutefois un casse-tête pour les analyses statistiques puisque les acteurs n'appellent pas systématiquement les même choses par les même noms.

Les nomenclatures obligent quant à elles à utiliser un intitulé prédéfini (souvent également repéré par un code). Pour les services statistiques, cela est incontournable pour pouvoir agréger des données provenant de différentes sources (Desrosières 2008).

Lorsque nous manipulons les informations sur les OMES, il n'est pas rare de devoir passer d'un intitulé libre vers l'intitulé d'une nomenclature, voir d'une nomenclature à une autre (cf travaux Chris B Davis). Nous illustrons cela par plusieurs exemples.

Synthèse

  • nom, description
  • composition (en objet, en matière )
  • Fabricant
  • Durée de vie
  • coefficient (caractéristiques de production et élimination)


Autres éléments

Ces OMES peuvent être soit définis librement, soit s'inscrire dans une nomenclature comme la "Standard goods classification for transport statistics 2007" ou celle de la méthodologie EWMFA (Eurostat, 2001). Ces nomenclatures, qui imposent aux OMES de "rentrer dans des cases", sont au cœur même des processus d'études statistiques qui établissent un langage commun à travers les acteurs (Desrosières, 2008). Ces processus fournissant les données sources pour les études de métabolisme, le SINAMET doit être en mesure d'interpréter correctement les codes qui font référence à des items de ces nomenclatures. Ces dernières doivent donc pouvoir être gérées simplement au sein du SINAMET, par exemple à travers un catalogue de nomenclatures.

Les nomenclatures peuvent être considérées comme des OMES liés entre eux sous la forme d’une hiérarchie (ou d'un arbre). Chaque nœud correspond à un item de la nomenclature et a pour attribut au moins un nom, et très souvent un code, comme illustré en Figure 5). Figure 5 : Structure hiérarchique (arbre) de la nomenclature NST 2007 [Fichier : ribon_figure5.png]

La façon dont est structurée une nomenclature peut avoir une incidence sur la gestion des données, avec des risques de double-comptage et des problèmes liés aux éléments difficilement classables. Une partie des travaux à venir sera dédiée aux moyens de gestion des nomenclatures.

Voir également : Convertir les intitulés des Omes

Stock

Nous définissons un stock comme une quantité de matière ou d'énergie à un instant donné appartenant à un acteur et/ou sur un territoire. Ce stock peut éventuellement être géolocalisé. Dans certaines configurations, le stock peut être défini sur une période plutôt qu'à un instant, par exemple pour des objets définis qui transitent sur une plateforme de logistique.

Synthèse

  • Quantité (selon différentes unités)
  • Temporalité (Instant ou période)
  • Territoire ou acteur associé
  • Localisation (adresse ou geopoint)

Flux

La notion de flux possède plusieurs définitions selon les disciplines scientifiques. Trois idées clefs peuvent y être associées :

  • Un échange entre deux acteurs (matière, argent, ...), éventuellement entre l'environnement et le système socio-économique,
  • Un déplacement avec un sens, depuis une origine vers une destination, ainsi qu'éventuellement un chemin.
  • La traversée d'une surface (une "porte"), selon une définition plus physique.

Ces idées se recoupent mais ne sont pas forcément équivalentes, et ne peuvent pas tout à fait être décrites de la même façon. Dans tous les cas, définir un flux requiert d'indiquer sa nature : l'OMES qui constitue le flux. Il faut également préciser la quantité d'OMES qui compose le flux (éventuellement dans différentes unités, voir Chapitre X) et le cadrage temporel du flux (une période ou une date). Enfin, il est nécessaire de contextualiser le flux d'un point de vue géographique en l'associant à un territoire et/ou d'un point de vue socio-économique en l'associant à un acteur. Ces informations (OMES, Quantité/Unité, Temporalité, Acteur et/ou Territoire) sont indispensables pour conceptualiser un flux : s'il en manque une, le flux est sans objet.

En plus de ces informations indispensables, l'intention du flux (ce à quoi il va servir) et le moyen de transport (route, rail, voie navigable, mer, air, pipeline, fil électrique) peuvent venir compléter l'information pour élargir l'horizon des analyses possibles.

Nous devons également distinguer deux types de flux qui ne peuvent pas être décrits de la même manière :

  • Ceux dont on connait l'origine (en termes d'acteur et/ou de territoire) ET la destination, et éventuellement le chemin. Nous qualifierons ces flux de "flux de chemin" (PathFlow). Le transport de marchandises est généralement décrit en ces termes.
  • Ceux qui se manifestent à un endroit donné, sans que cela implique de connaitre à la fois l'origine et la destination de manière claire. Nous qualifierons ces flux de "flux de porte" (GateFlow). Plusieurs notions courantes du vocabulaire économique et environnemental reposent sur cette notion de flux à un endroit donné : extraction, recyclage, rejets, émissions, production, consommation.

Synthèse

  • Produit
  • Quantité
  • Temporalité (instant ou période)
  • Territoire ou acteur associé (éventuellement dissocié origine / destination)

Transformation

La notion de transformation est au cœur même du processus économique. Elle consiste en la transformation de flux d'OMES en entrée en des flux d'autres OMES en sortie. Le principe de conservation de la masse et de l'énergie doit être respecté dans la description de ces transformations.

Néanmoins, nous ajoutons en plus de cette notion de transformation, une notion d’association Sorties/Sorties. Cette notion prend sens pour associer des émissions et des déchets en sorties à des produits finis. Dans une optique de responsabilité, il paraît cohérent de pouvoir associer les flux de déchets aux produits finis qu'ils ont contribué à fabriquer, même s’ils ne sont pas retenu physiquement dans le produit.

Les entités de type Transformation permettent de définir et modéliser ces processus essentiels dans le métabolisme. Elles peuvent être également associées à des acteurs ou des territoires.

Autres concepts

L'étude de chacun des concepts nous amènes à identifier des propriétés communes à certains, voire à tous les concepts :

  • Ces concepts ont un nombre d'attributs a priori inconnu. Si certains attributs sont assez communs, voire essentiels pour donner du sens aux concepts qu'ils décrivent, d'autres sont plus anecdotiques mais peuvent tout de même être mobilisés dans les études (par exemple le PIB ou la température moyenne d'un territoire sur une période, la densité ou le prix d'un produit, ...). Cela implique de concevoir notre modèle conceptuel afin qu'une partie des attributs puissent être prédéfinis et partagés entre plusieurs utilisateurs, mais aussi que ces derniers puissent ajouter librement les attributs qu'ils considèrent nécessaires à son étude. Cela a plusieurs implications sur le modèle conceptuel des données et sur l'architecture logicielle du SINAMET que nous verrons dans un paragraphe dédié aux attributs.
  • Certains concepts sont quantifiables (Flux, Stock), d'autres non (Territoire, Acteur, Produit). Les transformations sont un cas particulier que nous ne considérons pas comme quantifiables. Selon l'approche retenu, les Produit ne sont pas quantifiables : on ne peut pas quantifier l'objet ordinateur ou la matière fer en tant que concept, mais on peut quantifier un flux ou un stock d'ordinateurs ou de fer. Il est toutefois possible de définir des coefficients numérique comme des attributs de Produit, notamment pour des unités (1 ordinateur = 2 kg d'ordinateur, 1 kg de fer = 7860 cm3 de fer, ...). Cette conversion des unités interpelle également sur la gestion de différentes unités possibles pour la quantification des flux et des stocks de produits. Il est possible de les quantifier par leur prix, par le poids, par leur volume et par tout un panel d'autres unités qui nous oblige à voir la question des unités dans un paragraphe à part.
  • La question du temps est transversale à notre modèle. Les concepts quantifiables n'ont de sens que s'ils sont repéré temporellement. L'information sur un flux ou un stock dont on ignore la temporalité n'est pas exploitable. D'autres parts, les territoires évoluent avec le temps, en terme de population, de PIB, et même de structure administrative avec la récente loi portant Nouvelle Organisation du Territoire de la République (VERIF). Certains attributs doivent ainsi être repéré temporellement. Ce repère temporel consiste soit en un instant (comme une population) soit en une période. La gestion de l'information temporelle est une tâche transversale que nous abordons au fur et à mesure des concepts analysés. Toutefois, nous verrons un paragraphe dédiée à la gestion fonctionnelle des informations temporelles à travers le SINAMET.

L'analyse ontologique nous amène ainsi à formuler le postulat suivant : l'information relative au métabolisme d'un territoire est nécessairement une information relative à l'un de ces six concepts. Nous verrons plus loin les implications de ce postulat dans l'utilisation du SINAMET.

Autres

Nous présentons également des concepts ressources, non spécifiques au métabolisme territorial, mais considérés nécessaires à la structuration des données au sein du SINAMET. Le diagramme UML correspondant à cette structure de données est disponible en .......

Ressources & Références



Références

• Barles, S., 2008, Comprendre et maîtriser le métabolisme urbain et l’empreinte environnementale des villes, Responsabilité & Environnement, 52, pp. 21-26. [En ligne] URL : http://www.annales.org/re/2008/re52/Barles.pdf. Consulté le 19 avril 2018.
• Caracciolo, C., Iglesias Sucasas, M., Keizer, J., 2006, Towards interoperability of geopolitical information within FAO, Computing and Informatics, 27, pp. 119-129. [En ligne] URL : http://aims.fao.org/capacity-development/publications/towards-interoperability-geopolitical-information-within-fao. Consulté le 19 avril 2018.
• Desrosières, A., 2008, L’Argument statistique I : Pour une sociologie historique de la quantification. Presses des MINES
• Erkman, S., 2004, Vers une écologie industrielle – comment mettre en pratique le développement durable dans une société hyper-industrielle, 137. Ed. Charles Léopold Mayer, 258 p.
• Kennedy, C., Cuddihy, J., Engel-Yan, J., 2007, The Changing Metabolism of Cities, Journal of Industrial Ecology, 11, pp. 43-59. DOI : 10.1162/jie.2007.1107
• Kim, S., Iglesias-Sucasas, M., Viollier, V., 2013, The FAO Geopolitical Ontology: A Reference for Country-Based Information, Journal of Agricultural \& Food Information, 14, pp. 50-65. Taylor & Francis. DOI : 10.1080/10496505.2013.747193
• Laganier, R., Villalba, B., Zuindeau, B., 2002, Le développement durable face au territoire : éléments pour une recherche pluridisciplinaire, Développement durable et territoires. DOI : 10.4000/developpementdurable.774

Notes de bas de page

  1. http://www.fao.org/countryprofiles/fr/
  2. http://www.fao.org/countryprofiles/geoinfo/fr/
  3. Le code Insee pose toutefois un problème puisqu'il associe un code à deux chiffres bien connu aux départements, mais également aux régions. Par exemple, le code 44 correspond à la fois à la région Grand-Est et au département Loire-Atlantique. Pour éviter les ambiguïté, nous ferons précéder les codes régions par R (RX pour les régions d'avant 2016)
Faits relatifs à « Ontologie du métabolisme territorial »
KeyRefkennedy2007 +, barles2008 +, erkman2004 +, laganier2002 +, caracciolo2006 +, kim2013a + et desrosieres2008a +
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